Une liturgie contemporaine sur un thème central commun à toutes traditions à travers le temps : le vœu de s’élever spirituellement. Le moment fraternité se déroule telle une liturgie, combinant des références à différentes religions. C’est l’histoire d’une très fragile fraternité universelle qui explore le thème central que toute tradition a en commun : la quête d’un humain meilleur.
Nous voyageons à travers le temps et l’espace, depuis la prière de guérison de Hildegard von Bingen et de la plus ancienne partition écrite du psaume 130 vers un rituel tibétain contemporain vu par Thierry Pécou dans Chö. Fratres, hymne méditatif de Arvo Pärt, fait d’une autre manière le lien entre passé et présent en confrontant des éléments de musique ancienne à la tradition orthodoxe. Puis, une version glagolitique croate des Lamentations de Jérémie mène finalement au regard contemporain de Thierry Pécou sur le Miserere. Tout en respectant le texte latin du psaume, la perspective du compositeur est plus dramatique encore en faisant resurgir des éléments de paganisme : le cri d’appel à la pitié et le désir de transformation vers le bien n’a plus nécessairement besoin d’être religieux dans notre société. Un moment de partage dans un monde trop centré sur les différences.
Programme
Chants médiévaux
Hildegard von Bingen, chant du cantatorium de Saint-Gall, chant glagolitique
Arvo Pärt
Fratres pour violoncelle et piano
Thierry Pécou
Chö, un rituel tibétain pour clarinette basse et piano, flûte alto, violoncelle et percussions
Thierry Pécou
Miserere pour trois sopranos et ensemble instrumental
Effectif
Dania El Zein soprano
Marina Ruiz soprano
Sarah Breton soprano
Katarina Livljanic mezzo-soprano (chants médiévaux)
Ensemble Variances
Anne Cartel flûte alto
Carjez Gerretsen clarinette basse
Cecilia Bercovitch violon 1
Masha Lankowsky violon 2
Andrii Malakhov alto
David Louwerse violoncelle
Irini Aravidou percussions
Thierry Pécou piano et direction
Note par Thierry Pécou
Miserere
Pour moi qui me sens fort éloigné de la spiritualité chrétienne, plus proche des pensées de l'immanence que de toute forme de transcendance, il n'allait pas de soi d'écrire un Miserere en regard des Lamentazioni de Alessandro Scarlatti. Aussi, j'ai voulu théâtraliser le sujet, en faisant référence aux traces de paganisme qui subsistaient probablement dans les offices des Ténèbres jusqu'à la Renaissance. D'une succession de séquences où le silence joue un rôle primordial, on suit un fil qui conduit à un étrange rituel où le public est invité à frapper le sol, produisant des vagues de son bruyant où accompagnant la scansion du texte. Trois sopranos, fondues à la matière instrumentale, déploient une palette sonore large, allant du souffle jusqu'au cri.
Informations
Une coproduction Festival arabesques, Lux Aeterna Elbphilharmonie Hamburg, Ensemble Variances, avec le généreux support de l’ODIA Normandie.