Programme

Batouala

Spectacle à partir de l’œuvre de René Maran

À l’occasion du 100° anniversaire de son prix Goncourt 1921

Batouala

René Maran est un promoteur de la francophonie, un précurseur singulier de la négritude, un auteur de portée universelle et dont les thèmes relatifs à la nature et à la condition humaine sont d’une brulante actualité.

Prix Goncourt en 1921, il y a tout juste 100 ans, son roman Batouala est d’une immense richesse langagière. C’est un hymne à la culture Banda de Centrafrique et une subtile dénonciation des excès de la colonisation à une époque où peu d’Européens avaient conscience de ses méfaits.

René Maran, un écrivain à redécouvrir d’urgence

Grand serviteur de l’Etat en tant qu’administrateur colonial et écrivain noir d’origine guyanaise et martiniquaise, son témoignage unique et le regard ébloui qu’il porte sur une culture africaine peu connue en métropole nous invitent à questionner notre propre ethnocentrisme, à mieux appréhender la diversité culturelle du monde dans une période où les tentations du repli identitaire semblent plus que jamais progresser.
René Maran se dévoile bel et bien comme un auteur antillais, attaché à l’importance de l’homme dans la nature, conscient qu’il est de l’importance des hybridations culturelles pour construire à la fois un imaginaire nouveau et une citoyenneté moderne qui unisse. Après tout, n’était-il pas le porteur d’une mission civilisatrice ? Cette mission ambivalente, il a su en laisser un héritage précieux, celui d’une communion transatlantique des littératures.
A l’occasion du centenaire de la publication de son roman, il est utile et nécessaire de faire connaître à un large public la leçon d’humanité que nous donne cet auteur un peu oublié en France mais toujours célébré en Centrafrique, notamment dans le monde scolaire.
Il est ainsi proposé la création d’un spectacle visuel et musical témoignant de la passion africaine si communicative de René Maran et de traduire sur un plan scénique la puissance poétique de son roman Batouala. Ce spectacle a vocation à être présenté dans le cadre des programmations de grandes institutions théâtrales ou musicales et aussi, sous une forme plus légère, à toucher le public scolaire, que ce soit en France, en Belgique ou au Grand-Duché du Luxembourg, mais également dans les pays de l’Afrique noire francophone, notamment dans les établissements où l’œuvre de René Maran est enseignée.

Le ferment caribéen

René Maran est né dans la mer des Caraïbes, sur le bateau qui menait sa famille de Guyane en Martinique. Sa peau a la couleur de ses ancêtres africains. Il fait ses études à Paris, alors presqu’exclusivement peuplé de blancs. C’est en fonctionnaire colonial qu’il découvre l’Afrique à laquelle son teint l’identifie et qu’il a la mission d’administrer pour la France.
Son destin vacille sous ces vents contraires, qui font vibrer les savanes et les forêts où il déploie le personnage de Batouala. Ce n’est pas sans raison que le grand mouvement littéraire de la négritude dont il est l’un des précurseurs va s’enraciner dans la conscience antillaise, avec des personnalités comme le Guyanais Léon-Gontran Damas, le Martiniquais Aimé Césaire, leur rencontre avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor. Ce mouvement exprime le sentiment d’une urgence : relégitimer la singularité culturelle du monde noir, de la source africaine et de ses rameaux ultramarins.
L’empathie de Maran avec l’imaginaire du peuple banda préfigure la main tendue par Césaire à Senghor. Elle est emblématique de la place singulière prise par les intellectuels antillais dans cette renaissance.

Batouala
Un roman de portée universelle et d’une criante actualité

Dans son roman, René Maran se laisse imprégner par un océan de représentations endogènes à l’Afrique, où l’univers et la divinité se confondent, où tout y participe – humains, végétaux, animaux, sols, rivières – gérant (ou non) les multiples interactions provoquées par les accidents de la vie : relations entre masculin et féminin, sexualité, fécondité, confrontations des appétits, celui du lion comme celui des humains, liens sociaux qui s’enracinent profondément dans les lignées dont chacun est issu, rapports au pouvoir, au sacré…
Batouala traite avec brio une succession de sentiments contradictoires, tourbillonnant autour d’émotions telles que la jalousie ou l’aspiration au dépassement de soi, enveloppés par une nature qui n’est pas vécue comme la chose des humains, mais comme une actrice vivante de leur destin avec laquelle l‘homme combine et ruse.
Le récit est un véritable spectacle qui donne une leçon d’humanité et qui a, en un siècle, cristallisé comme jamais la fierté des centrafricains au point d’en devenir leur propre patrimoine littéraire. Le cœur de l’Afrique se révèle ainsi riche de sa culture. Dans l’esprit des Centrafricains, c’est le peuple centrafricain qui hérite désormais du prix Goncourt : la fonction même d’administrateur colonial exercée par l’écrivain n’est pas oubliée mais elle disparait, comme pardonnée. Si le roman a tant séduit les Centrafricains, c’est aussi parce qu’il incarne un souffle de liberté dans des contraintes absolues. Il est d’une actualité criante : pas un seul Centrafricain, même de nos jours, ne s’abstiendra d’invoquer ses liens avec la nature, quand bien même il serait né et aurait grandi en ville, voire à l’étranger. Dans Batouala, il « voyage au pays ».

Le traitement dramaturgique
Combiner oralité, musique, danse et image animée

Le projet consiste à mettre en scène le caractère poétique du roman grâce à une diversité de moyens artistiques, avec un recours au texte original, à une création musicale et chorégraphique ainsi qu’à l’utilisation d’images animées. Il sera un hommage rendu par les arts de la scène à la beauté littéraire de Batouala.
Le récit de Batouala suscite la projection, l’identification dans l’esprit du lecteur : cette qualité littéraire est tellement forte qu’on ne peut pas la travestir ; on doit garder le texte originel. L’œuvre de René Maran est faite pour être dite et non pour être interprétée.
Le projet ne consistera donc pas à faire une adaptation théâtrale classique. Il s’agira d’être au cœur de la culture centrafricaine, dans sa sensibilité et dans son humanité. Le spectacle devra faire passer au public le souffle du récit. Les spectateurs seront amenés à revivre le parcours de découverte d’un René Maran étranger au monde qu’il observe mais empathique, confronté à une civilisation bien plus noble à ses yeux que celle enseignée dans les grandes écoles de l’empire.
Pour garder le mouvement du roman, sa fluidité orale, en phase avec l’oralité de la culture que l’administrateur colonial célèbre, il est prévu de combiner oralité, musique, danse et images. Pour poser des images sur le récit, les moyens techniques du théâtre moderne seront utilisés avec des recours au dessin, aux outils numériques, à l’infographie, à la mise en mouvement de la danse guidée par la musique.  

L'équipe

Informations

Pilotage

François Grosjean
Acteur, metteur en scène, producteur de spectacles, ancien directeur du Grand Parquet (Paris), ainsi que des Alliances Françaises de Bangui (RCA) et de Trivandrum/Cochin (Kerala/Inde)

Assisté de :

Eric Force
Initiateur du projet, expert en relations économiques et techniques franco-africaines
Jean-François Ramon
Président de l’ensemble Variances, ancien directeur de l’Institut Français de Stuttgart (RFA), de l’Arsenal (Metz) et de l’Alliance Français de New Delhi, ancien Conseiller Culturel (Ambassade de France au Luxembourg)
Charlotte Dumas
Directrice et administratrice de l’Ensemble Variances

 

Structures porteuses du projet

Travail scénique
Théâtre de l’Arlequin, Morsang-sur-Orge
Travail musical
Ensemble Variances, Rouen
Développements éditoriaux
BiBook/Culture en partage, Bamako

 

Contacts

François Grosjean
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Jean-François Ramon
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