Poly

September 30, 2021 

Dans ses musiques, Gualtiero Dazzi mêle savamment sonorités rock et lyrisme opératique, générant un intense flux d’affects. 

Photo de répétition de Élisabeth Kaess

 

Barock

Nouvelle pièce de Gualtiero DazziMadrigali est un dialogue avec Claudio Monteverdi, dans lequel René Char s’immisce avec délicatesse.

Dans ses musiques, Gualtiero Dazzi mêle savamment sonorités rock et lyrisme opératique, générant un intense flux d’affects. Écrit pour le contre-ténor Serge Kakudji et l’Ensemble Variances (dont le directeur artistique est Thierry Pécou), Madrigali consiste en un parcours poétique installant une véritable dramaturgie en quatorze stations, où se répondent madrigaux contemporains et baroques. Trois d’entre eux sont issus du Septième Livre de Claudio Monteverdi : réarrangés pour une combinaison instrumentale où la guitare électrique voisine avec le piano Fender Rhodes, ils résonnent avec des partitions contemporaines éprises de liberté, portées par les mots de René Char. Ce dernier donna en effet pour titre à un de ses poèmes celui d’un madrigal du maître italien : Lettera amorosa. Dans une scénographie habillée avec élégance par les voiles de papier froissé de la plasticienne Véronique Thiery-Grenier, se déploie une narration imaginée par Élisabeth Kaess : fragment d’un discours amoureux, le livret aborde aussi des questions éthiques actuelles autour des vers de René Char. « La liberté naît, la nuit, n’importe où, dans un trou de mur, sur le passage des vents glacés », écrivit-il.

Hervé Lévy

www.poly.fr